• Manuel ou pas manuel ? (exemple en maths)

     

    1. Ma pratique dans une classe "ordinaire"

     

    Durant de nombreuses années, je me suis appuyée sur des manuels (dont le fameux Cap Maths : une vraie mine d'or, bien conçu et bien pensé). Ce choix pédagogique me permettait de :

    - compenser un manque d'expérience

    - suivre une progression claire et bien rythmée dans le temps

    - aborder toutes les compétences

    - et surtout gagner du temps (conception, remédiation) grâce aux exercices pré-conçus et au guide du maître ! En bref, je savais où je mettais les pieds!

    Néanmoins, au cours de ma pratique, je me suis aperçue que les manuels n'étaient PAS toujours adaptés à la réalité de la classe :

    - certaines notions demandées plus de temps que celui prévu par le manuel et inversement,

    - certaines situations ou des activités n'étaient pas toujours bien pensées et ne faisaient pas sens chez les élèves

    - les manuels ne respectaient pas toujours les vitesses d'acquisition( bien différentes) entre les élèves

    Avec l'usage, j'ai procédé comme le font beaucoup de maîtres et de maîtresses : j'ai adapté le manuel à ma pratique. J'ai oublié volontairement certains exercices, j'ai complété/enrichi le manuel avec d'autres activités, certains exercices étaient réalisés uniquement par les élèves les plus avancés et inversement, la quantité d'exercices elle aussi était variable.

    Au final, je mettais en œuvre les situations de découverte proposées par le manuel.  Peu à peu,  j'utilisais le manuel comme une gigantesque batterie d'exercices me permettant de m'adapter au rythme de chacun des élèves.

    Pour les raisons évoquées ci-dessus, j'avais expliqué aux parents que le manuel ne serait pas complété dans sa totalité et que certains passages, certains exercices ne seraient pas réalisés par la classe entière ou par certains élèves. Malgré la confiance accordée par ces derniers, difficile pour eux de se repérer dans les choix pédagogiques de la maîtresse et/ou d'accepter que certains exercices ne soient pas réalisés!

     

    Dominique Piveteaud et son quetionnement quant au choix d'un manuel

    Cet auteur nous invite à être vigilant(e) lors du choix d'un manuel. "La méthode d’enseignement [...] représente […] la garantie d’une réussite programmée. Toute méthode, qu’il s’agisse d’un manuel ou de l’ensemble des choix tacites qui ont conduit à son élaboration, propose une approche [...] qui repose sur des conceptions. Le plus souvent, celles-ci ne sont pas explicitées, comme s’ils étaient entendu qu’elles se valaient toutes et que, quelle que soit la méthode vécue, tous les lecteurs (élèves) ayant réussi leur apprentissage développaient les mêmes talents".

     

     

    2. Ma pratique en CLIS ULIS-école

     

    Pour rappel, voici la réalité d'une classe de ULIS-école :

    - les enfants bénéficient de temps d'apprentissage tronqués en CLIS ! (en raison des accompagnements extérieurs, inclusions..)

    - leur attention est généralement plus courte et limitée dans le temps

    - les temps d'acquisition sont plus longs

    - les connaissances peuvent être labiles : ainsi des notions en apparence acquises ne le sont plus une séance, une semaine, une période après.

    - les différences d'acquisitions peuvent être énormes entre des élèves de niveau similaire

     

    Pour les raisons ci-dessus, il ne me semble pas judicieux d'investir dans des manuels de mathématiques... En revanche, je pique toutes les situations de référence de Cap Math et Ermel (qui font sens chez mes loulous).


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